3 mois offerts sur Evolux pour toute nouvelle installation jusqu'au 31 décembre3 mois offerts jusqu'au 31 décembre Profiter de l'offre

← Tous les articles Blog Evolux · Hygiène

Huile de friture au restaurant : quand la changer et comment la contrôler

Le bac de la friteuse est encore clair, les frites sortent dorées, et personne ne sait vraiment depuis quand l'huile est là. Changer trop tôt coûte de l'argent, changer trop tard abîme le goût et peut mettre l'établissement en infraction. Voici ce que dit le texte de référence, comment repérer une huile usée, comment garder une trace de vos changements et que faire de l'huile usagée.

Quel est le seuil qui rend une huile de friture impropre ?

Une huile de friture est réputée impropre à la consommation humaine dès que sa teneur en composés polaires dépasse 25 % ou celle en polymères de triglycérides dépasse 14 %. Ce seuil figure à l'article 8 du décret n° 2008-184 du 26 février 2008, que la fiche de la DREETS Occitanie sur les huiles de friture reproduit en toutes lettres.

Le texte parle d'un taux à ne pas dépasser, pas d'une date de péremption. Les documents officiels que nous avons ouverts ne donnent ni nombre de jours ni nombre d'utilisations : c'est à chaque cuisine de définir sa règle, en s'appuyant sur ce que vous observez et mesurez. Nous n'avons pas pu ouvrir le décret sur Légifrance depuis notre outil de travail : la formulation ci-dessus est celle de la fiche officielle de la DREETS.

Pourquoi une huile de friture se dégrade-t-elle ?

Sous l'effet de l'eau, de l'air et des aliments, l'huile chaude subit des transformations chimiques qui produisent des composés polaires. Plus ces composés s'accumulent, plus l'huile s'éloigne de son état neuf.

La DREETS Occitanie en décrit les conséquences :

  • diminution de certains composés d'intérêt nutritionnel ;
  • apparition de composés volatils responsables d'odeurs désagréables ;
  • apparition de composés non volatils qui s'avèrent toxiques à fortes doses.

Le premier risque est donc sanitaire, le second est gustatif : un client ne revient pas pour des frites qui sentent l'huile fatiguée.

Comment limiter la dégradation de l'huile ?

On ralentit la dégradation en contrôlant la température, la durée de chauffe et ce qui entre dans le bac. La fiche de la DREETS Occitanie donne les repères suivants :

  • ne pas dépasser 180 °C à la friteuse ;
  • limiter la durée de chauffe ;
  • éviter de frire des aliments trop mouillés ou trop assaisonnés ;
  • éviter de faire frire différents types d'aliments dans le même bain ;
  • choisir des huiles stables à la chaleur, qui résistent mieux à l'oxydation : la fiche cite l'arachide en exemple et déconseille le tournesol, le soja, le colza, le maïs et l'huile de palme ;
  • changer régulièrement l'huile.

L'INRS ajoute un point d'organisation dans sa fiche sur les brûlures : égoutter les aliments avant de les plonger dans la friteuse. C'est le même geste qui limite l'eau dans le bac et les projections.

Comment savoir si l'huile est encore bonne ?

Trois signes visuels doivent vous alerter, et un testeur permet de passer de l'impression à la mesure. Selon la DREETS, une huile en bon état ne fume pas, ne mousse surtout pas quand on y trempe les frites, et reste limpide et de couleur claire.

La même fiche indique qu'il existe sur le marché différents testeurs permettant de vérifier la qualité de l'huile. Les sources officielles consultées ne rendent pas ce contrôle obligatoire et ne désignent pas d'appareil : choisissez un testeur dont la notice indique le seuil de 25 % de composés polaires et lisez-la avec votre équipe.

Notre suggestion, qui n'a rien d'officiel : décidez d'un seuil d'alerte interne, inférieur au seuil légal, pour avoir le temps de planifier le changement avant d'atteindre la limite. Écrivez-le sur la fiche affichée près de la friteuse.

Comment garder une trace de vos changements d'huile ?

Une ligne par contrôle ou par changement suffit : date, friteuse, résultat du test ou observation, décision, initiales. Les sources officielles que nous avons lues ne décrivent pas de registre obligatoire des changements d'huile. Mais en cas de contrôle, un document daté prouve que vous surveillez le point, ce qu'un simple « on la change quand elle est sale » ne permet pas.

Voici un exemple fictif de tableau, avec des chiffres inventés pour l'illustration :

DateFriteuseTaux mesuré (exemple fictif)Décision
LundiFriteuse 112 %On garde
MercrediFriteuse 119 %On garde, filtrage et contrôle demain
JeudiFriteuse 124 %Changement en fin de service (seuil d'alerte interne atteint)

Ce tableau relève de la bonne pratique : il illustre le suivi, pas une obligation. Le principe est le même que pour vos relevés de température : une donnée datée, signée, retrouvable. Pour replacer ce point dans votre démarche d'hygiène, voyez aussi notre article sur le plan de nettoyage et de désinfection.

Si vous tenez déjà vos relevés avec le module HACCP d'Evolux, qui enregistre des relevés horodatés depuis un téléphone ou une tablette, le principe reste identique : une trace datée par poste. Un cahier ou un tableur fait aussi l'affaire tant que la règle est tenue par toute l'équipe.

Que faire de l'huile de friture usagée ?

L'huile usagée est un déchet non dangereux, mais elle ne se jette ni avec les autres déchets ni dans les eaux usées. D'après la DREETS Occitanie, elle doit être éliminée par un organisme autorisé, conformément aux articles L541-1 et suivants du code de l'environnement.

La fiche distingue deux cas :

  • chez les gros producteurs, des sociétés spécialisées collectent les huiles alimentaires avec des fûts mis à leur disposition ;
  • pour les petits producteurs, certaines déchetteries collectent les huiles alimentaires dans des conteneurs de regroupement.

Côté documents, les lignes directrices de la DGAL pour la restauration commerciale citent la conservation des bons d'enlèvement pour la collecte des huiles de friture usagées. Gardez-les avec vos autres documents d'hygiène, comme ceux que vous présenteriez à un contrôle (voir aussi les erreurs HACCP qui coûtent cher).

Quelles précautions de sécurité autour de la friteuse ?

Une friteuse est aussi un poste à risque de brûlure et d'incendie. L'INRS, dans sa fiche ED 6490 sur les brûlures dans les métiers de bouche et la restauration, recommande notamment :

  • une friteuse avec vidange automatique de l'huile, équipée d'un dispositif anti-débordement tel qu'une bague ou un anneau ;
  • une installation suffisamment loin des tables de cuisson et des points d'eau ;
  • un système d'extinction automatique, ou à défaut un couvercle ou une couverture ignifugée ;
  • une friteuse jamais en fonctionnement sans surveillance ;
  • les vérifications réglementaires et la maintenance prescrites par le fabricant ;
  • la formation des salariés, y compris le choix des huiles en fonction des températures de cuisson.

Ces consignes se règlent avec l'équipe, pas avec un logiciel : faites-en un point de la formation de chaque nouvel arrivant.

Sources et textes de référence

Documents consultés le 3 novembre 2026. Cet article présente des repères généraux ; en cas de doute sur votre situation, rapprochez-vous de la DDPP de votre département.

Vos relevés et vos contrôles d'hygiène sont-ils tenus au quotidien ? Demandez un diagnostic gratuit de votre organisation : nous regardons avec vous ce qui peut être simplifié.

Recevoir mon diagnostic gratuit

Questions fréquentes

Les graisses et huiles dont la teneur en composés polaires dépasse 25 % ou dont les polymères de triglycérides dépassent 14 % sont réputées impropres à la consommation humaine, selon l'article 8 du décret n° 2008-184 du 26 février 2008, cité par la DREETS Occitanie.

Les sources officielles consultées ne fixent pas de durée ni de nombre d'utilisations. Le critère est la qualité de l'huile : aspect, fumée, mousse et, pour une mesure objective, un testeur de composés polaires. À vous de fixer une règle interne et de la consigner.

Non. La DREETS précise que les huiles de friture usagées sont des déchets non dangereux qui ne se jettent ni avec les autres déchets ni dans les eaux usées. Elles doivent être éliminées par un organisme autorisé.

Les lignes directrices de la DGAL pour la restauration commerciale prévoient, pour la collecte des huiles de friture usagées, la conservation des bons d'enlèvement parmi les documents à conserver.